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BILLE EN TÊTE... (29/1/10)
- Dominique de Villepin
repart bille en tête.
- L’expression est
attestée depuis le milieu du 19e siècle.
- Elle est alors en usage
dans les salles de billard.
- Jouer bille en tête,
c’est frapper sa boule franchement, perpendiculairement et dans le centre.
- Ce n’est qu’à
partir des années 1950 que la formule acquiert son sens actuel : résolument,
avec audace, et parfois avec naïveté.
- Elle appartient à
la catégorie des expressions à double tranchant.
- Foncer bille en tête
est en effet considéré comme une qualité ou comme une
faiblesse.
- Je l’ai rencontré,
DdV : il incarne le plus flatteur portrait qu’un étranger puisse
se faire du Français.
- Il ne manque pas de sex-appel
(nous verrons demain si je suis démenti);
- Le parfait ministre des
Affaires étrangères, étranger aux « affaires ».
- Après toutes ces
billevesées, après avoir eu la tête sur le billot, DdV
ne se met plus martel en tête.
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TOUT VA MIEUX (28/1/10)
- Tout va mieux !
- À preuve les récents
titres :
- « La hausse du
chômage ralentit »
- « L'augmentation
des faillites diminue »
- « La croissance
de la pauvreté est en baisse »
- « La montée
des délits décroît »
- « L'avance de la
pandémie recule »
- « moins un train
va plus vite, plus sa vitesse est moins grande »
- Amoto quaeramus seria
ludo*, ricanait Horace (Sat 1)
* Blague à part, revenons aux choses sérieuses.
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COMME EN QUARANTE (27/1/10)
- Économie : c’est
reparti comme en quarante !
- Au lendemain de la mobilisation
de 1939, on a dit que c’était reparti comme en quatorze, époque
à laquelle on disait certainement que c’était reparti
comme en 70.
- La formule se devait
d’évoluer.
- De quatorze à
quarante, le déplacement linguistique était plus aisé
que si l’on avait retenu 39.
- Ainsi s’est imposé
repartir comme en quarante.
- Pour certains, 1940 c’est
le début de la fin.
- Pour d’autres,
c’est la fin du commencement.
- Les premiers accentuent
comme en quarante : on va refaire la même chose, sans illusion
mais avec lassitude.
- Les seconds mettent l’accent
sur c’est reparti : ils salivent à l’idée
d’un nouveau démarrage.
- Attention à bien
saisir la mélodie quand la formule arrive : tout est dans la tonalité.
- Pour la version allemande
: inverser l'intonation
- Les conséquences
de la reprise pour notre pauvre planète ?
- On s’en moque comme
de l’an quarante.
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AU
NOIR (25/1/10)
• Émission très
propre hier soir sur TF1.
• Donc rien sur le travail au noir.
• Le travail au noir est pourtant aux périodes de crise économique
ce que le marché noir est à celles de guerre : des circuits
parallèles qui amortissent les contraintes conjoncturelles.
• L’un et l’autre tireraient leur couleur des mêmes
circonstances.
• L’adjectif schwarz serait en effet apparu en Allemagne
dans les derniers temps de la Première Guerre mondiale, pour qualifier
à la fois le commerce illégal pratiqué dans les lieux
sombres, l’abattage clandestin de bétail ou le travail non
déclaré effectué dans la pénombre des lieux
discrets.
• C’est ce schwarz qui nous aurait donné, attaché
aux désignations correspondantes, le marché noir et le travail
au noir.
• D’autres font remonter l’origine de l’expression
à une pratique du Moyen Âge consistant à faire travailler
ouvriers et serfs en cachette du seigneur, à la lumière des
chandelles.
• Pour la France, on estime le travail au noir compris entre 3% et
6% du PIB.
• Il serait deux fois moindre au Royaume-Uni, mais trois fois supérieur
en Italie, et vertigineux en Grèce...
• Schwarz arbeiten, To moonlight, Trabajar en negro ou hacer estraperlo,
Lavorare al nero, Zwart werken, Pracowac na czarno... Aucune difficulté
de traduction.
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WEB ATTITUDE... (24/1/10)
- Votre direction commerciale
s’appuie, évidemment, sur ses sites Internet.
- Mais, ce faisant, elle
parle souvent dans le vide.
- Une fois sur deux, le
profil des visiteurs n’est même pas analysé.
- Les statistiques, les
mots clés, les scénarios des visites sont ignorés.
- Le contenu ne propose
pas d’actions : souscriptions, suivi de correspondance, enregistrement
pour une newsletter, forum…
- Il arrive qu’il
n’y ait aucun responsable de mise à jour.
- Ou qu’il y en ait
trop (qui inévitablement se crêpent le chignon).
- Le contrôle qualité
est parfois inexistant : le contenu est faible voire déficient, aux
dépens de l’image.
- Ne parlons pas des sites
Internet qui sont des sites inertes : les mises à jour annoncées
n’arrivent pas et celles en ligne remontent à l’antiquité,
les forums ne sont pas
suivis,…
- Ni des contenus déséquilibrés
qui sont du plus mauvais effet : certaines sections sont actives, d’autres
sont abandonnées à leur sort.
- Et les contenus ternes.
Ah, les contenus ternes ! Assurément le meilleur moyen d’éloigner
le visiteur ! Mieux vaut concentrer ses énergies une fois pour toutes
que de laisser passer
des infos médiocres au fil du temps.
- Inversement, trop d’énergie
éditoriale tue le contenu : un canon à neige déverse
du texte, du texte, du texte ; à peine mise en ligne, la dernière
info est écrasée.
- On compte sur la quantité
pour compenser la qualité.
- Et sans archivage, point
de salut. On empile donc on engorge.
- Le cas échéant,
vous pourrez aussi faire remarquer à votre supérieur (hiérarchique,
s’entend) que votre entreprise ne sait plus combien de sites elle gère
et qu’aucune
coordination ne les harmonise.
- Il pourrait vous en être
reconnaissant.
- Salve veritate!
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QUICK WIN (22/1/10)
- La méthode Six
Sigma est une méthode structurée de management signée
Motorola, visant une amélioration de la qualité et de l'efficacité
des processus.
- Rien à voir, donc,
avec un double salaire.
- La méthode s’appuie
sur une démarche fondée à la fois sur la voix du client
(enquêtes, etc.) et sur des données mesurables et fiables.
- Dans l’approche
Six Sigma, un quick win est une solution déjà validée
ailleurs qui permet de sauter une étape de mise en œuvre du système
qualité et de gagne ainsi
du temps.
- Du vocabulaire des qualiticiens,
la formule s’est progressivement étendue au langage du management.
- Il n’est pas rare
de voir un projet d’investissement ou une mesure d’organisation
qualifiés de quick wins.
- Avec plus ou moins de
succès car ce qui fonctionne dans une culture peut s’avérer
désastreux dans une autre.
- Je ne citerai aucun nom.
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DETTE (21/1/10)
- « Martine Aubry
montre un signal fort de reprise en main du parti. »
- « Le projet de
l'Assemblée nationale devrait être vu comme un signal fort en
direction des porteuses de burqa. »
- « La présence
massive des forces étatsuniennes est un signal fort à la direction
de la communauté internationale »
- Le signal fort
est omniprésent parmi les dépêches et communiqués
de presse.
- A la différence
d’un message, qui peut être clair et univoque, le propre d’un
signal, même fort, est de devoir être interprété,
décodé.
- On est dans la dimension
symbolique.
- Un signal fort peut dès
lors mobiliser plus largement qu’une instruction précise.
- Les leaders ont compris
que c’est ainsi qu’on entraîne l’opinion.
- On ne dirige plus par
note de service mais par capacité d’entraînement.
- Le foisonnement de l’expression
signal fort est un signal fort de l'évolution de la gouvernance et
du management.
- Ubi maior, minor
cessat.*
* Le faible capitule devant
le fort
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CLIVÉ
(20/1/10)
- Le nouveau PdG d’EDF
ne percevra qu’un seul salaire.
- L’ancien PdG de
Veolia percevra un salaire annexe.
- Schizophrénie
? Non : clivage.
- Schizophrène
va pouvoir prendre sa retraite : la relève est assurée dans
le langage de l’entreprise.
- Désormais, de
celui qui agit en contradiction avec ses principes ou ses décisions,
on dit qu’il est clivé.
- Dans le vocabulaire de
la géologie, le clivage est la faculté d'un minéral de
se rompre suivant un plan.
- Dans celui de la psychanalyse,
le clivage du moi exprime la coexistence de deux potentialités contradictoires,
l'une portée à tenir compte de la réalité, l'autre
- prédisposée
au déni de cette réalité.
- Longtemps, la préférence
du monde professionnel pour qualifier les comportements dédoublés
est allée à schizophrène.
- Mais, peut-être
parce qu’on mesure mieux dans le grand public la gravité de la
maladie, beaucoup hésitent aujourd’hui à convoquer schizophrène
dans leurs mots
de tous les jours.
- Et clivé, aux
origines plus hybrides, prend la relève lorsqu’il s’agit
de dire, avec euphémisme, de quelqu’un qu’il se comporte
en hypocrite.
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NOCIVES,
LES BULLES (19/1/10)
- Tourbillonnantes, évanescentes,
chatoyantes, impétueuses ou voluptueuses, elles jaillissent par myriades,
activées par myriades sur les particules minérales (tartrates,
carbonates) des parois de la flûte.
- Pour Michel Onfray, «
la preuve du monde, c'est le champagne dont les bulles sont des comètes
qui traversent l'espace, des étoiles qui flambent dans le cosmos des
forces qui strient sur le mode lumineux les ciels contenus dans des coupes
de verre ».
- Mais Hubert Reeves nous
a montré samedi que la nucléation, l'ascension et l'éclatement
d'une bulle de champagne ne sont pas sans conséquences sur l'environnement.
- Le mal commence avec
les fermentations alcoolique et malolactique.
- Mais l'ajout subséquent
de liqueur entraîne de surcroît une troisième phase gazeuse
dans le produit fini.
- Heureusement, il existe
des ampoules basse consommation.
- Les vins effervescents
élaborés de manière classique (à l’instar
de la champagnisation en Champagne) créent environ 240 000 bulles par
bouteille.
- Alors que les vins mousseux
élaborés en cuves (procédé Charmat) n’en
produisent que 40 000.
- A bene placito*!
* à votre bon plaisir
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GLOBAL WARMING, COOLING... (18/1/10)
Une planète
grisâtre rencontre une planète verte.
- Mais que t’arrive-t-il ?
- Je suis infectée par une humanite aiguë.
- Oh, n’aie pas peur. Moi aussi, je l’ai attrapée, mais c’est
parti tout seul !
- C’est par cette
blague qu’Hubert Reeves a conclu sa conférence au théâtre
des Champs-Élysées samedi soir.
- Devant un public qui
riait jaune.
- La voie Lactée
(que vous pouvez encore contempler du Sahara) englobe environ 100 milliards
d’étoiles.
- Dans l’état
actuel de nos connaissances, on compte 100 milliards de voies lactées.
- Les molécules
qui composent les êtres vivants sont issues des réactions chimiques
et thermiques stellaires.
- Chaque cataclysme interstellaire
affecte l’environnement sidéral.
- Tout est lié.
- Depuis 650 millions d’années
que la vie est apparue sur Terre, cinq cataclysmes ont bouleversé son
environnement.
- Le dernier ayant éradiqué
les dinosaures.
- La moitié des
espèces a survécu à chacun de ces cataclysmes.
- Depuis 2000, nous sommes
en train d’assister au début du sixième cataclysme.
- La température
augmente, entraînant l’élévation du niveau des mers
à un rythme accéléré (fonte des glaces, dilatation
de l’eau).
- Les gaz envoyés
dans la mince couche atmosphérique (100 km) s’y concentrent et
retiennent la chaleur (effet de serre).
- Chaque fois que vous
ouvrez une bouteille champagne, certes vous réchauffez l’atmosphère
ambiante, mais aussi l’atmosphère tout court.
- Mais en dehors de ces
effets spectaculaires, se prépare un cataclysme d’une autre ampleur
: la disparition des vers de terre par déversements massifs e systématiques
d’insecticides.
- La population mondiale
augmente, les surfaces arables diminuent.
- Seul lueur d’espoir
pour l’homme : la prise de conscience par ceux qui détiennent
le pouvoir et l’argent.
- En tout cas, aucune inquiétude,
comme de par le passé, la nature va s’en tirer, mais nous risquons
de ne pas être là pour le constater.
- Hubert Reeves nous en
a mis plein les mirettes. J'ai applaudi.
- Tout comme j'applaudissais
la communauté scientifique et les médias qui nous annonçaient,
dans les années 70,… le refroidissement inéluctable de
la terre.
- "The surest
sign that intelligent life exists elsewhere is that they haven't contacted
us".
Couverture de Time Magazine : 
- Newsweek (28 avril
1975) : "Les preuves de ces prédictions commencent à s’accumuler
massivement (...). Pour les scientifiques, ces incidents, apparemment isolés,
représentent les signaux avancés de changements fondamentaux
dans le climat mondial. Le fait central est qu’après trois quarts
de siècle de conditions extraordinairement douces, le climat de la
terre semble se refroidir".
- En 1974, la National
Science Board (USA) : “During the last 20 to 30 years, world temperature
has fallen, irregularly at first but more sharply over the last decade. Judging
from the record of the past interglacial ages, the present time of high temperatures
should be drawing to an end…leading into the next ice age.
- Life Magazine (janvier
1970) : "by 1985 air pollution will have reduced the amount of sunlight
reaching earth by one half….”
- Voir aussi l’article
« Global Cooling
» sur Wikipedia
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MONDEGREEN (15/1/10)
- Dans l’environnement
du calembour, j'aurais dû évoquer d'autres spécificités
anglophones.
- Le malapropisme
est une erreur linguistique nommée d’après Mrs Malaprop,
personnage d’une comédie de Sheridan (allusion évidente
à mal à propos).
- L’acyrologie
ou l’akirologie est une expression improprement utilisée.
- Le mondegreen
est un mot créé par l'écrivain Sylvia Wright sur une
ballade écossaise « They have slain the Earl of Murray / And
they layd him on the green », dans laquelle
« laid him on the green » peut être perçu comme «
Lady Mondegreen ».
- Ce qui rappelle évidemment
le très cornélien « Et le désir s'accroît
quand l'effet se recule » (n'oublions pas que Corneille est soupçonné
d'avoir écrit des pièces
- signées Molière).
- Ou le double entendre
de Serge Gainsbourg « Un zeste de citron » conduisant délibérément,
dans le contexte, à « inceste de citron ».
- « The answer my
friend is blowin' in the wind » => « Dead ants are my friends;
they're blowin' in the wind » (Bob Dylan).
- « Sont des mots
qui vont très bien ensemble; très bien ensemble » =>
« Sunday monkey won't play piano song, play piano song » (les
Beatles).
- « Gladly The Cross
I'd Bear » => « Gladly, the cross-eyed bear » (refrain
traditionnel).
- « Excuse me while
I kiss the sky » => « Excuse me while I kiss this guy »
(Purple Haze, Jimi Hendrix).
- Bon, c'est le moment
de me fondre dans cette « Silent Night »", afin de «
sleep in heavenly peace », encore sous le charme des « heavenly
peas » dégustés hier soir…
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HAITI (14/1/10)
- Malédiction,
malédiction, tous en scène
- Nous ne quitterons
pas cette île de rêve
- Sans jeter un dernier
regard
- A colorier chez soi
ou à consumer sur place*
- L'île des poètes,
victime d'une perpétuelle injustice.
- Ad nauseum.
* "La Malédiction"
Alain Bashung
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MONOLOGUE INTERCULTUREL
(14/1/10)
-
J’ai
été invité par des amis indigènes dans la France
profonde.
-
Etait-ce
le 11 juillet ? Je ne suis plus sûr.
-
En tout
cas, ils célébraient une victoire arrachée sans notre
aide.
-
Le garage
n’avait qu’une doux chevoux à me louer.
-
Au bout
de quelques kilomètres dans la garrigue de Picardie, ma guimbarde
rendait l’âme.
-
Aussitôt,
la nuit est tombée, car c’est comme ça, en France.
-
Je maîtrise
parfaitement l’idiome de l’auteur des Mis*, mais je n’en
menais pas large car un vent haineux soufflait.
-
Pour
sûr, il me transmettait une critique sur l’Irak ou la Nouvelle-Orléans.
-
Mon mobail
était hors de portée des émetteurs, car les grenouilles
arrogantes évitent les sociétés américaines
qui, elles, offrent un service professionnel.
-
Coup
de chance, une charrette tirée par des bœufs passait par là.
-
Sous
son béret noir, le cocher a repéré le baquechiche facile.
-
Il a
posé sa baguette et son litron de rouge, et m’a lancé
: « Ah ! L’Amérique ! Mickey, John Wayne, baraque au
bas mot ! ».
-
En fait,
il m’a appris que la résidence de mes amis ne se trouvait qu’à
quelques pieds.
-
C’est
que, dans ce pays, les panneaux sont rédigés en dialecte local.
-
Prévenus
de mon arrivée, mes amis ont abaissé leur pont-levis.
-
Je leur
ai fait part de ma mésaventure.
-
Ils ne
purent que soupirer : « Ah, my friend, la Fronce est foutioue ! ».
(publié
par The All American News – débusqué par Courrier International
– un poil arrangé par mézigue).
PUN : Two hydrogen atoms meet. One says, 'I've lost my electron.' The other
says, 'Are you sure?' The first replies, 'Yes, I'm positive.'
* Les Misérables
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ALBION
(12/1/10)
- Comme je le disais hier,
la perfide Albion ne dédaigne pas les puns.
- There was the person
who sent ten different puns to friends, with the hope that at least one of
the puns would make them laugh. No pun in ten did.
- Pour Pline le Jeune,
Albion fait référence à la couleur blanche (albus)
des falaises crayeuses de Douvres.
- Mais le poète
de la Renaissance Edmund Spenser fait référence au fils de Neptune
: « le puissant Albion, père du peuple vaillant et guerrier qui
occupe les îles de la Bretagne
».
- Mais pourquoi perfide
?
- C’est qu’au
regard de l’Histoire, la France et l’Angleterre se sont trouvées
plus souvent adversaires qu’alliées (rappelez-vous la cravate
noire des navigants français, tant
sur les mers que dans les airs).
- « L'Angleterre,
ah, la perfide Angleterre, que le rempart de ses mers rendait inaccessible
aux Romains, la foi du Sauveur y est abordée », écrivait
Bossuet.
- Le mot revient ensuite
chaque fois que les intérêts de l’Angleterre et de la France
s’opposent.
- Hannibal ante portas!*
*l’ennemi est à
vos portes
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CALEMBOURS
(11/1/10)
- C’est sur sa prononciation
qu’on jauge un Britannique.
- Mais c’est sur
sa graphie qu’on juge un Français.
- Le Français, que
voulez-vous, est prisonnier de la logocratie ambiante.
- Au contraire de la majorité
des langues, le parler français s’appuie sur l’écrit.
- De surcroît, il
est vocalique et peu accentué.
- Aucune différence
entre « les rapaces" et « les rats passent ».
- Alors que « mighty
tower » ne saurait être confondu avec « my tea tower ».
- Le hiatus entre français
parlé et écrit laisse le champ libre à une perversion
que d’aucuns trouvent délicieuse : le calembour.
- On y exploite les homonymies*,
les homophonies**, les paronymies***.
- Et aussi la polysémie****.
- Les puns anglais
sont nettement moins souvent convoqués que les calembours,
- Et s’appuient surtout
sur paronymies et polysémies.
- The roundest knight
at King Arthur's round table was Sir Cumference. He acquired his size from
too much pi.
- Don't join dangerous
cults: practice safe sects!
- A backward poet writes
inverse.
- Ainsi, grâce à
ce billet, j’espère que chaque matin, vous vous levez de bonheur…
* mots qui s'écrivent ou se prononcent de la même façon,
mais différents par le sens
** mots différents ayant la même prononciation
*** mots qui se ressemblent, tant par l'écriture que par la prononciation
**** mots ayant plusieurs sens
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FORMULES (8/1/10)
- Aucun doute, «
cordialement » ou autres « bien à vous » évitent
bien des réflexions tortueuses.
- Attention avant de griffer
un « Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes hommages
respectueux » : vous invoquez la formule épistolaire traditionnelle
neutre d'un homme
à une femme.
- Mais l’heureuse
destinataire doit avoir un âge minimum, et ne doit pas relever de votre
autorité.
- En tapant un «
Je vous prie d'agréer, Madame / Monsieur, l'expression de mes sentiments
distingués », vous prenez moins de risques car la formule concerne
une
- femme s’adressant
à une femme ou un homme à un homme.
- Mais le mot « sentiment
» a une connotation affective, et il existe aussi des sentiments d'indifférence.
- Vous pouvez aussi tenter
« l'expression de ma considération distinguée ».
- Oui, mais le mot «
considération » a là quelque chose de condescendant, sauf
si vous le faites précéder de « haute ».
- De toutes les manières,
prendre la plume c’est prendre des risques, témoin ce que nous
offre la presse quotidiennement.
- Tenez, récemment
(pas d’attaques ad hominem) :
- Des individus d'obédience
arabe.
- Il a fait un virage
à 360 degrés.
- Le taux d'alcoolémie
(l'alcoolémie signifiant le taux d'alcool).
- La poule aux yeux
d'or.
- Le parti a décidé
de s'autosaborder.
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GENTRIFICATION (7/1/10)
*Cette démo circule sur le
Net en anglais depuis quelques années