LOBBYING (30/1/09)
Enfin une
alternative acceptable pour évoquer le lobbying à Bruxelles (bien plus
actif qu'à Washington, de nos jours) :
- "Influençage" ! Eh oui, il fallait y penser !
- Et les lobbyistes : des
"influenceurs" !
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BÊTA (29/1/09)
- On retrouve la lettre
bêta en mathématiques, en physique et en informatique (qui ne se souvient des
bêta versions d'Alta Vista).
- Dans le domaine du
décisionnel, si l’erreur de type alpha consiste à tenir pour vrai ce qui est
faux, celle de type bêta est d’estimer faux ce qui est vrai.
- En matière de logiciel,
une version bêta est une version de test.
- Et un site bêta : un
client pionnier qui accepte de tester un produit qui n’est pas encore
stabilisé.
- De nombreux services web
affichent encore la lettre bêta sur leurs pages d’entrée longtemps après leurs
ouvertures.
- La lettre bêta porte
ainsi un double imaginaire.
- D’un côté, on lui associe
une dimension scientifique.
- De l’autre, elle
participe de la démarche expérimentale, de l’empirisme.
- Plutôt qu’un long
plaidoyer pour expliquer que ce que l’on propose n’est pas achevé, pourquoi ne
pas simplement dire qu’il s’agit d’une version bêta ?
- Chacun comprendra que le
travail est sérieux, mais qu’il mérite encore l’indulgence.
- C'est l'excuse du gros
bêta...
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GUICHET-DEPART (28/1/09)
- C’est au cours des années
80 que l’euphémisme s’est imposé dans le langage des ressources humaines, et
qu’aux licenciements se sont substitués les plans sociaux ou de sauvegarde de
l’emploi.
- Chaque fois le principe
est le même : il s’agit de positiver.
- Les guichets-départs sont
plus récents, mais ils relèvent de la même philosophie.
- Il est en effet devenu
courant, dans le cadre des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), de proposer
des dispositifs de départ volontaire.
- Peut-être parce qu’il est
arrivé qu’on y fasse la queue, les services chargés de prendre en charge et
d’orienter les salariés concernés sont habituellement qualifiés de
guichets-départs.
- Et par synecdoque, cette
figure de style consistant à prendre la partie pour le tout, le guichet-départ
prend progressivement le relais du PSE pour dire licenciement.
- Là où les réductions
d’effectifs paraissent tournées vers le passé, les guichets-départs passent
pour porteurs d’avenir.
- On les met en avant :
avec la crise, ils prospèrent dans la communication des entreprises.
- Intraduisible, dans
l'état actuel des choses.
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KGB,
SVP ! (27/1/09)
- L'élément
commun entre la police de l'ex-URSS et le service téléphonique américain KGB est que l'un et l'autre savent tout.
Pour 50 cents, on peut en effet, aux États-Unis, poser n'importe quelle
question par SMS à la société KGB : on vous répondra par le même canal, en
quelques mots.
- Il faut
compter deux à quatre minutes pour la réponse.
- Un
milliers d'experts, généralement installés à leurs domiciles, se partagent les
réponses selon le domaine de la question.
- Google et
Yahoo proposent déjà des services de même nature.
- Ceux-ci
ne coûtent que le prix de l'envoi d'un SMS, mais le champ qu'ils couvrent se
limite aux adresses de restaurants, horaires d'avions et autres informations
logistiques élémentaires.
- Avec le
KGB, on peut poser tout type de questions, y compris d'ordre métaphysique.
- C'est
l'équivalent de l'ancien service téléphonique SVP français.
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MADOFF
EMULE DE PONZI (26/1/09)
- Une
chaîne de Ponzi est une forme d'escroquerie par cavalerie, fonctionnant par
effet boule de neige, consistant en la promesse de profits très intéressants,
financés par l'afflux de capitaux investis progressivement, jusqu'à
l'explosion de la bulle spéculative ainsi créée.
Ce système tire son nom
de Charles Ponzi, célèbre pour avoir mis en place une fraude postale aux
États-Unis dans les années 20, fondée sur ce principe.
- Né Carlo
Ponzi en Italie en 1882, Charles Ponzi immigre aux États-Unis en 1903.
- Après de
petits métiers et quelques menues escroqueries, Ponzi rejoint à Montréal la
Banco Zarossi, une banque spécialisée dans les services aux immigrants
italiens.
- La Banco
Zarossi propose aux épargnants des taux de placement deux fois supérieurs à
ceux du marché : elle fait faillite en 1908.
- Dans
l'intervalle, Ponzi a appris le métier et imité la signature de son patron
pour se livrer à quelques opérations personnelles.
- Condamné
à passer trois ans dans un pénitencier du Québec, Ponzi retourne ensuite aux
États-Unis où il est à nouveau emprisonné deux ans comme immigrant illégal.
- En 1920,
Charles Ponzi a sa grande idée de combine financière.
- Avant la
Première Guerre mondiale, l'Union Postale Universelle avait mis en place un
dispositif permettant d'acheter dans un pays des coupons de réponse postale
échangeables contre des timbres dans un autre pays.
- Les
parités d'échanges, fixées avant-guerre à une époque où les monnaies étaient
stables, n'avaient pas été modifiées à l'issue du conflit : on pouvait ainsi
acheter à bas prix en Italie des coupons postaux échangeables contre des
timbres postaux américains en dollar de valeur élevée.
- Ponzi met
à profit cette anomalie pour organiser un vaste circuit d'arbitrage.
Le
système n'est pas illégal : Ponzi s'enrichit vite et distribue
d'impressionnantes commissions à ses intermédiaires, puis des intérêts
colossaux à ceux qui investissent dans le dispositif.
- Mais on
finit par s'apercevoir que Ponzi détourne une partie des revenus et que la
mécanique fonctionne sur le principe de la cavalerie : les nouveaux clients
payent pour les précédents.
- Ponzi a,
entre-temps, déposé les sommes détournées à la Hanover Trust Bank de Boston,
dont il espère prendre le contrôle.
Mais la manoeuvre est repérée : Ponzi
est à nouveau poursuivi.
- Il
réussit à s'échapper en Floride, où il se lance dans l'immobilier, mais est
vite, une fois de plus, condamné et incarcéré pour de nouvelles escroqueries.
N'étant pas naturalisé Américain, il est expulsé en Italie à sa libération
en 1934.
- Il meurt
en 1948 au Brésil.
- Sa devise
: "I looked for troubles -- I found them!"
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MARQUEUR (23/1/09)
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DAMOCLES SWORD (22/1/09)
- Cicéron
et Horace nous ont transmis l'histoire.
- Damoclès,
un courtisan, ne cessait d'envier son maître, Denys, le tyran de
Syracuse.
- Pour lui
montrer que, malgré sa richesse, la position de prince n'était pas si
enviable, Denys fit asseoir Damoclès sur son trône et lui organisa un fastueux
banquet.
- Mais il
fit suspendre au-dessus de sa tête une épée, retenue par un mince fil de
lin.
- Installé
sous ce glaive menaçant, Damoclès ne prit guère de plaisir au banquet.
- C'est à
partir du début du XIXe siècle que l’épée de Damoclès s’impose dans notre
langage comme synonyme de menace.
- Dans les
entreprises, l’épée de Damoclès est devenue synonyme de danger.
- Autant
dire qu’elle est omniprésente.
- Faut-il
lui préférer le siège éjectable ?
- Du siège
éjectable, on sort vivant, mais en perdant l’avion.
- L’épée de
Damoclès ne tombe jamais, mais inquiète toujours.
- Comment
trancher ?
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LE
POINT SUR LE HOMARD A L'AMERICAINE (21/1/09)
- Les
États-Unis ne sont pas pour grand-chose dans cette invention bien française
qu’est le homard à l’Américaine.
- Pierre
Fraisse, natif de Sète, de retour d’Amérique où il avait fait, comme chef, un
séjour à Chicago, fonda en rentrant à Paris vers 1860 le restaurant, vite à la
mode, Peter's.
- Un soir,
alors qu'il s'apprêtait à fermer, une dizaine de convives insistèrent pour
commander du poisson.
- Il ne
restait que des homards vivants, prévus pour le lendemain, et plus le temps de
les faire cuire au court-bouillon.
- Sous le coup
de l’inspiration, Fraisse jeta dans une casserole du beurre, des tomates, de
l’ail pilé, de l’échalote…puis du vin blanc, un peu d’huile, enfin une bonne
dose de cognac.
- Quand tout
fut arrivé à ébullition, le chef se dit qu'il n’y avait qu’un moyen pour que
le homard cuise vite, c’était de le découper en morceaux et de les jeter dans
la sauce.
- Le résultat
fut éclatant.
- Enthousiasmés, les clients demandèrent comment se nommait ce plat
nouveau et savoureux.
- Et Pierre
Fraisse, encore sous le coup de l’influence de son récent séjour en Amérique,
de répondre : "Homard à l’Américaine".
- Il existait
déjà certes des sauces voisines en Provence et en Languedoc, mais c'est chez
Peter's qu'on y accommoda pour la première fois le homard.
Ce qui
donna au poète Raoul Ponchon l'occasion d'un délicieux quatrain :
Une Américaine était incertaine
Sur la
façon de cuire un homard.
Et si nous remettions la chose à plus tard ?
Dit le homard à l’Américaine.
N.B. Le homard
est un casse-tête pour le traducteur. En effet, sur la côte est américaine, il
n'a pas de pinces (mais il se nomme crayfish), alors que la langouste
(lobster) est armée de puissantes claws
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VOLENS
NOLENS (16/1/09)
- Volens est le participe présent du verbe
volo : je veux
- Et nolens
le participe présent du verbe nolo : je ne veux pas
- Nolens
volens - ou volens nolens - signifie ainsi : le voulant ou ne le voulant
pas.
- Avant de
s’imposer dans le langage courant, l’expression s’est établie dans le droit
romain.
- Il y a
dans le nolens volens une forme de transcendance : s’il n’y a pas le choix,
c’est parce qu’une exigence supérieure s’impose.
- Dans
l’entreprise, il arrive qu’on doive imposer une décision sans discussion
possible.
- On peut
alors dire qu’il faudra s’y plier bon gré mal gré, ou encore qu’on le veuille
ou non.
- On risque
alors d’être taxé au mieux d’abus de pouvoir, au pire d’obéissance
aveugle.
- Pourquoi
ne pas utiliser alors le nolens, volens ?
- La
formule porte encore, dans son imaginaire, une dimension de fatalité.
- Elle met
tout le monde dans le même bateau.
- À défaut
de liberté, elle respire l’égalité et la fraternité... willy
nilly
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MOLOTOV (14/1/09)
- Le terme
« cocktail Molotov » est un hommage ironique des soldats finlandais à
Viaftcheslav Molotov, ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique
durant la Seconde Guerre mondiale.
- En
novembre 1939, l'URSS envahit en effet la Finlande : c'est le début de la
guerre dite d'Hiver.
- Quand
Molotov prétend dans des émissions de radio que l'Union soviétique ne bombarde
pas mais nourrit plutôt les Finlandais affamés, ceux-ci commencent à appeler
les bombes aériennes soviétiques les « paniers pique-nique de Molotov ».
- Bientôt
ils répondent en saluant l'avancée des chars soviétiques avec des « cocktails
Molotov » (Molotovin cocktail).
- D'abord,
le terme est employé pour décrire seulement le mélange brûlant lui-même, mais
dans l'utilisation pratique le terme a été bientôt appliqué par métonymie à la
combinaison de la bouteille et de son contenu.
- L'utilisation finlandaise de cette bombe incendiaire à main se
répand très vite à travers toute l'Europe durant la guerre, malgré les dangers
de son utilisation.
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POMODORO (13/1/09)
- Les
conquistadores découvrent au XVIe siècle une plante cultivée dans toute
l'Amérique du Sud.
- Ses petits
fruits sont jaunes et son nom aztèque est tomatl.
- Ils en
envoient quelques plants en Espagne.
- Mais cette
plante y est longtemps considérée comme vénéneuse : les plants de tomatl ne
jouent donc d'abord qu'un rôle décoratif.
- Ce n'est que
vers 1750 que les premiers plants arrivent en Italie, puis en Provence, et que
l'on découvre avec surprise les qualités gustatives de ce fruit jaune qu'on
appela dès lors "pomo d'oro", la pomme d'or.
- Par la grâce
de savants jardiniers, la tomate commence à arborer la belle couleur rouge que
nous lui connaissons.
- Au milieu du
XIXe siècle., elle est couramment cultivée et consommée tant crue que cuite ou
comme condiment.
- Dans nombre
de pays européens, le mot qui désigne la tomate découle de l'aztèque, sauf en
Italie où on l'appelle toujours pomodoro, en Lituanie (pomidoru) ou en
Polonais (pomidor).
- Autrement,
dans l'Europe de l'Est, la racine paradajz (croate) prédomine.
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TRADUCTION AUTOMATIQUE (13/1/09)
- Les
utilisateurs des outils de traduction automatique de Google le savent bien :
la diversité des langues accessibles et la qualité des restitutions se sont
beaucoup améliorées depuis quelque temps.
- Progrès
de la linguistique ?
- Pas
uniquement.
- C’est
d’abord à la puissance de calcul et de stockage informatiques que l’on doit
cette avancée.
- Les
procédés de traduction aujourd’hui utilisés s’appuient en effet sur l’approche
dite « statistique », qui consiste à aller rechercher dans des bases de
données historiques des expressions déjà traduites ailleurs, avec leurs
contextes.
- On
multiplie ainsi les chances de viser juste.
- C’est par
la démultiplication de ses bases de données que Google a pu améliorer ses
performances en matière de traduction.
- Pour être
optimal, un dispositif de traduction automatique gagne à coupler la méthode
statistique avec l’approche linguistique.
- Celle-ci
a également bien progressé au cours des dernières années.
- Mais son
impact est moindre que celui de la méthode statistique
NB : cet
article a généré de nombreux témoignages (hilarants) infirmant cet optimisme
* merci
à Abanico
jan
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