RICH COMMERCE (27/2/09)
- De même que le rich media
regroupe les applications Internet qui intègrent plusieurs médias
(son, image, vidéo), le rich commerce rassemble les dispositifs de
vente qui mettent en œuvre les ressources d’animation de l’image
les plus récentes.
- Grâce aux technologies actuelles,
on peut désormais proposer sur les sites web des animations personnalisées
légères.
- Les créatifs ne manquent
pas de se laisser inspirer.
- C’est ainsi que le consommateur
peut simuler sur un mannequin l’effet d’un choix de vêtements,
ou sur une photo de lui-même l’apparence d’une monture de
lunettes.
- Mais le rich commerce, parfois
aussi appelé R-Commerce, ne se limite pas au web.
- On commence à voir, par
exemple, des applications d’écrans tactiles dans les galeries
marchandes.
*******
KRACH (26/2/09)
- C’est en 1873 que le terme
krach apparaît lors des crises boursières de Vienne et de Berlin.
- Le mot a la même signification
que le crash anglais.
- Lorsque la formule krach s’impose
en France, elle signifie d’emblée désastre boursier.
- Ce n’est que par la suite
qu’on prit l’habitude de la décliner en krach immobilier,
krach obligataire, etc.
- Stricto sensu, un krach boursier
est donc un pléonasme.
*******
HYPOCORISTIQUE (25/2/09)
- Comme Monsieur Jourdain la prose,
nous pratiquons tous l'hypocoristique sans généralement le savoir.
- Du grec hypokoristikos (cajoler,
caresser), l'hypocoristique est le fait d'utiliser des diminutifs affectueux,
formés avec des suffixes ou par redoublement
- Le même terme désigne
la partie et le tout
- On le rencontre également
en qualité d'adjectif
- Les mots sœurette et fifille
sont des diminutifs hypocoristiques
- Jeannot et Pierrot sont des hypocoristiques
dérivés de Jean et Pierre
- Et lorsque la duchesse de Guermantes
donne du Mémé au baron de Charlus, elle fait dans l'hypocoristique
mondain (notez le masculin)
- Certaines langues sont particulièrement
adeptes des diminutifs affectueux : le russe ("Valodia" pour Vladimir)
ou l'espagnol qui étend même son champ hypocoristique aux noms
communs ("mañanita"). L'anglais n'est d'ailleurs pas de reste
: témoin ce "yestie" australien (pour "yesterday")
- En anglais, hypocoristic, tout
simplement.
P.S. : L'on me dit que “yestie”
ne serait pas une formation hypocoristique de la forme yest + ie, mais tout
simplement une transcription phonétique du mot tel qu’il serait
prononcé par un Australien
*******
ETRE
CONFORTABLE (24/2/09)
- En français, l’adjectif
confortable s’applique normalement à la chose et non à
la personne.
- Il n'y a pas si longtemps, on
disait qu’un fauteuil était confortable. On ne disait pas qu’on
s’y sentait confortable.
- Et puis nous est venue d'outre-Manche
et d'outre-Atlantique l’habitude de nous donner du confortable à
nous-mêmes. Déformation classique.
Etre ou se sentir confortable, c’est être à l’aise.
- Ainsi, un manager se déclarera
confortable avec son budget quand il a confiance et sait qu’il a de
la marge, ou un technicien sera confortable avec les délais qu'il aura
calculés larges.
- La résistance s'organise
pourtant.
- Il blesse, dans cette acception
déformée, l’orthodoxie syntaxique.
- Il rejoint les bataillons d'anglicismes
déjà bien implantés chez nous, mais son emploi "en
miroir" engage la responsabilité du locuteur.
- On n’y fait pas appel à
la légère.
- Ceux qui se risquent à
être confortables sont peut-être plus dignes de confiance que
d’autres.
*******
MACEDOINE (19/2/09)
- L'histoire récente l'a
rappelé : les Balkans constituent un imbroglio de nationalités
enchevêtrées.
- Au coeur de cette poudrière
qui devait conduire à la première guerre mondiale : la Macédoine.
- La métaphore est historiquement
datée : c'est au tournant des XIXè et XXè siècles,
lorsque la Question d'Orient était de toutes les rencontres diplomatiques,
que s'est imposé le nom de Macédoine pour ces salades dont la
diversité des ingrédients fait la saveur.
- Mais les habitants de l'ex-Yougoslavie
nous le rendent bien : ces mêmes salades, à Belgrade tout comme
à Skopje, on les appelle salades à la... française.
- C'est le discours du berger à
la bergère.
- On voit toujours midi à
sa porte.
- Equivalent... idoine en anglais
(avec la même connotation péjorative) : mixed bag
*******
REMARQUABLE (18/2/09)
- Le 20 septembre 2007, le président
de la République accorde un entretien télévisé
à Arlette Chabot pour France 2 et Patrick Poivre d’Arvor pour
TF1.
- Les observateurs constatent que
le chef de l’Etat utilise 27 fois le mot remarquable.
- En sont ainsi gratifiés
: Angela Merkel, François Fillon, Xavier Darcos, Valérie Pécresse,
Bernard Kouchner, Fadela Amara, Cécilia Sarkozy, Claude Guéant,
et collectivement les collaborateurs du président à l’Elysée.
- L’adjectif remarquable vient
pour l’essentiel en accompagnement du mot travail.
- Projeté brutalement dans
l’actualité, le statut du mot remarquable change immédiatement
dans le langage de l’entreprise.
- Certains l’utilisent d’autant
plus qu’il se trouve consacré au plus haut niveau.
- D’autres s’en méfient
pour la même raison.
- Mais remarquable disparaît
du langage présidentiel aussi soudainement qu’il l’avait
envahi.
- Le mot retrouve sa liberté
: on recommence à dire remarquable dans les échanges professionnels
sans arrière-pensée.
- Jusqu’au 5 février
2009, où cet adjectif qui ne passe pas inaperçu est à
nouveau convoqué dans l’interview qu’accorde le président
de la République à la télévision.
- Cette fois, c’est la garde
des Sceaux, sur le départ, dont le boulot se voit qualifié de
remarquable.
- S’il exprimait l’encouragement
en 2007, le mot résonne alors comme une consolation.
- Hier winner, le voilà plutôt
loser.
- Dans l’incertitude, mieux
vaut donc sans doute s’abstenir de l’utiliser, ou alors, en anglais
: significant.
- Et se reporter sur : admirable,
bath (pour mémoire), beau, bluffant, brillant, considérable,
distingué, éblouissant, éclatant, émérite,
éminent, épatant, étonnant, excellent, exceptionnel,
extraordinaire, fameux, formidable, fort, frappant, génial, glorieux,
incomparable, insigne, magistral, marquant, mémorable, notable, rare,
saillant, signalé, singulier, super, surprenant, top, transcendant,
trop, trop fort…
HEDGE
FUNDS (17/2/09)
- Selon qu’on le traduit par
fonds alternatif ou fonds de couverture, le hedge fund prend, dans l’imaginaire
collectif, une allure différente.
- Apparus dans les années
50, mais surtout actifs depuis vingt ans, les hedge funds sont des fonds gérés
de façon hétérodoxe.
- Pour certains, la différence
par rapport à une gestion classique peut venir du fort effet de levier
par endettement qu’ils s’autorisent, ou d’un goût
particulier pour les produits dérivés : ces fonds sont spéculatifs.
- Pour d’autres, ce peut être
au contraire le fait de n’investir que dans l’économie
solidaire : ces fonds relèvent de l’investissement socialement
responsable.
- Le monde des hedge funds est donc
comme une auberge espagnole, partiellement en marge de l’establishment
financier.
- Du fait de leur position atypique,
les hedge funds se sont vu reprocher une « complicité »
dans la crise des subprimes.
- Il y a, certes, des hedge funds
collés dans la crise des subprimes, mais tout le système financier
est impliqué.
- Si les hedge funds ont une réputation
contrastée, c’est sans doute qu’ils incarnent aisément
la main invisible qui, dans certaines imaginations, gouvernerait les marchés.
- Mais peut-être,
paradoxalement, ces mêmes hedge funds sont-ils la clé de la crise
des subprimes, en rachetant les mauvais crédits ?
*******
FINANCIERE
OU BONNE FEMME ? (16/2/09)
- Dans le langage de la gastronomie,
est cuisiné à la financière ce qui est accompagné
d'une garniture riche.
- Par opposition, une garniture
pauvre est dite à la bonne femme.
- La sauce financière est
la plus courante des préparations à la financière.
- C'est l'élément
de base de garniture pour les bouchées à la reine, les "vol-au-vent"
et les quenelles.
- On peut la réaliser avec
du poulet, de la dinde, du jambon blanc, etc.
- La sauce financière comporte
généralement des champignons et est souvent arrosée de
Madère.
- Mais il existe de nombreuses variantes.
- En cuisine comme à la bourse,
la sauce financière demeure entourée de quelque mystère.
- Et certains se félicitent
parfois de lui préférer la sauce bonne femme !
- Gravy vs sauce
?
*******
MIDDLE OUT (15/2/09)
- Les approches bottom up et top
down sont passées dans le langage commun.
- Bottom up, c’est le processus,
notamment managérial, qui part du particulier pour s’élever
à la généralité, qui s’appuie sur la connaissance
de terrain pour promouvoir les choix stratégiques.
- Top down, c’est le cycle
inverse, consistant à poser un principe puis à en décliner
les applications, ou à décider au sommet et faire exécuter
à la base.
- Une troisième formule pourrait
bien rivaliser prochainement avec ces deux expressions déjà
installées : middle out.
- Issu du jargon informatique, middle
out caractérise les dispositifs régis par les corps intermédiaires,
le middle-management lorsqu’on est dans l’entreprise.
- Le « centre », c’est
généralement le lieu où la théorie et la pratique
se confrontent : espace de savoir, d’expérience, de mémoire.
- Pratiquer le middle-out, c’est
donner la parole aux équipes intermédiaires, c’est souvent
faire parler le bon sens.
- A l’heure de la remise en
cause des modèles de management, le middle out semble promis à
un bel avenir.
*******
PROCRASTINATION (13/1/09)
- Certains sont meilleurs, et le
savent, en travaillant dans l'urgence.
- D'excellents élèves,
des commerciaux brillants, des écrivains puissants, ne donnent ainsi
le meilleur d'eux-mêmes qu'en se mettant à l'oeuvre à
la dernière minute.
- Mais l'attitude qui consiste à
toujours reporter à plus tard ce qu'on pourrait ou devrait faire maintenant
est généralement considérée par les pyschologues
comme une pathologie, connue sous le nom de procrastination.
- De pro (devant), en avant et cras
(demain).
- Peut-on y remédier ?
- Une équipe de chercheurs
allemands de l'université de Constance s'est livrée à
une série de tests qui révèlent que nous passons plus
vite à l'action si l'on nous propose des tâches concrètes
que lorsqu'on nous soumet des questions abstraites.
- Ainsi, à un enfant présentant
des signes de procrastination, mieux vaut dire "apprends ta leçon
de français" plutôt que "va faire des devoirs".
- Ou à un commercial "quel
est ton chiffre d'affaires ?" plutôt que "tu me donneras ton
reporting".
- Les publicitaires le savent bien
qui, lorsqu'il s'agit de vendre, donnent à leurs messages un contenu
précis et concret.
*******
BLACK HATS, WHITE HATS (12/2/09)
- Peut-être certains des Black
Hats portent-ils un chapeau noir, mais on ne le sait pas parce qu’il
est rare qu’on les rencontre.
- Le monde des hackers, ces pirates
« bidouilleurs » d’Internet, se répartit en effet
en deux ensembles :
- les White Hats, dont la philosophie
est de dévoiler les failles de sécurité qu’ils
découvrent, les Black Hats, dont les intentions criminelles sont dominantes.
- Ces chapeaux blancs et noirs viendraient
de la tradition des westerns.
- Au far west, le bon porte souvent
une tunique et un chapeau blancs, alors que le méchant est en noir.
- On a retenu le même code
couleur sur le net.
- Et peut-être y aurait-il
matière à filer plus en avant la métaphore.
*******
LA
SAINT VALENTIN MULTILINGUE : esbroufe en 135 langues ! (voir le pdf)
(10/2/09)*
La fête
des amoureux est célébrée le
-
14
février : Autriche, Canada, Danemark, France, Allemagne, Italie,
Espagne, Royaume Uni, Etats-Unis,
-
le
17 février au Japon
-
le
12 juin au Brésil
-
le
20 août en Chine
AVOIR LA DALLE (10/2/09)
- C'est au XIVème siècle
qu'apparaît le mot dalle, issu de l'ancien nordique daela, signifiant
évier, rigole ou encore gouttière.Un siècle plus tard,
par métaphore, dalle en vient à signifier gosier.
- Mais il faut attendre le XIXè
siècle pour qu'apparaissent par métonymie les expressions se
rincer la dalle ou avoir la dalle en pente, pour dire boire abondamment.
- Avoir la dalle, ou la crever,
signifient ensuite "avoir soif".
- Par extension, on passe dans la
foulée du boire au manger : avoir la dalle, c'est aujourd'hui crever
de faim.
- trad. : to have the slab
*******
C'EST DU SERIEUX (10/2/09)
- Dès l’après-midi
du 8 janvier 2008, l’expression employée le matin même
dans sa conférence de presse par le président de la République
était sur toutes les lèvres.
- Elle y est curieusement
encore, notamment dans les entreprises.
- D’un appel d’offres
à ne pas manquer, on dit maintenant : c’est du sérieux.
- Un gros calibre rejoint
la société : c’est du sérieux encore.
- Un client manifeste son
mécontentement : c’est du sérieux, toujours.
- Pourquoi cette prégnance
?
- Risquons une explication.
- Le philosophe et haut
fonctionnaire Alexandre Kojève (1902-1968) disait que « la vie
est une comédie, mais il faut la jouer sérieusement. »
- Beaucoup partagent, sans
la formuler, cette philosophie.
- L’expression «
c’est du sérieux », lancée de façon incongrue
dans les salons de l’Elysée, en est une illustration.
- L’utiliser dans
le langage courant, en particulier dans les entreprises, c’est peut-être
proclamer qu’on s’y reconnaît ?
- Traduction : this
is no joke!
*******
A LA BASE (9/2/09)
- Au commencement, au départ,
et au début ne sont plus dans la course.
- Dans le vocabulaire de l’entreprise,
à la base n’est vraiment en concurrence aujourd’hui qu’avec
en amont et à l’origine.
- Et il semble bien qu’à
la base se détache en tête.
- Comment expliquer cette pole position
?
- Par l’euphonie ? Peu probable,
à la base n’est franchement pas très élégant.
- Par une réminiscence des
cours de géométrie ? De mauvais souvenirs pour beaucoup, à
écarter
- Par référence aux
structures syndicales ? Ah, Ah, Ah, très drôle !
- L’interprétation
est sans doute ailleurs : à la base signale une construction ascendante,
un tropisme montant, une démarche hiérarchique.
- Autant de repères dont
l’insuffisance perturbe souvent les salariés.
- Alors, dans l’inconscient
du langage, ils rétablissent des fondations.
- Et au recul de l’amont,
comme au big bang de l’origine, ils préfèrent la solidité
rassurante de la base.
- Traduction : basically.
*******
TIRAMITSU (8/2/09)
- Tiramisu vient du vénitien
tirime sù, « tire-moi en haut », ou plus poétiquement
« emmène-moi au ciel ».
- Personne ne conteste
qu'il s'agisse d'un dessert d'origine italienne, élaboré généralement
avec les ingrédients suivants : œufs, sucre, mascarpone, alcool
(traditionnellement de l'amaretto), boudoirs ou biscuits à la cuillère,
café froid, cacao en poudre.
- Mais au moins cinq régions
d'Italie — le Piémont, la Lombardie, la Vénétie,
le Frioul-Vénétie julienne et la Toscane — s'en disputent
la paternité.
- Certains lui voient des
origines aristocratiques chez le duc de Toscane au XVIè siècle.
- D'autres plutôt
du côté des courtisanes de Venise au siècle suivant.
- On prête des vertus
aphrodisiaques au tiramisu.
- Quoi qu'il en soit, la
présence du tiramisu est signalée un peu partout en Europe dès
le XVIIIème siècle.
- Et c'est aujourd'hui
un dessert universellement connu
*******
TOUT SE PASSE COMME SI (6/2/09)
- La formule est ouvertement manipulatrice.
- Elle suggère un lien de
causalité tout en laissant entendre que celui-ci n’existe pas.
- Il y a comme de la calomnie dans
ce tout se passe comme si… : il en restera toujours quelque chose.
- Il demeurera en effet dans l’imaginaire
que deux phénomènes, dont on n’a nullement démontré
qu’ils étaient dépendants, ont peut-être des facteurs
communs : tout se passe comme si…
- Puissante formule rhétorique
capable, en associant sans justification deux idées, tout à
la fois de provoquer la curiosité et de susciter le doute.
- Il peut arriver, certes, que l’expression
soit appelée pour aller vite.
- Mais le plus souvent, c’est
lorsqu’on manque de preuves qu’elle est convoquée.
- Parade : demander pourquoi ?
- En anglais : as if
*******
MAIN STREET, LES VRAIS GENS (5/2/09)
- Qu’ont en commun les Franciliens
qui protestent contre la SNCF, la cliente du supermarché qui commente
pour la télévision le prix des légumes ou encore ce patron
de PME qui doit s’adresser au médiateur pour obtenir le renouvellement
de son crédit ?
- Ce sont des vrais gens.
- Main street, dit-on aux Etats-Unis.
- Les partis politiques se les disputent.
- Longtemps, l’expression
n’a guère circulé dans les entreprises.
- Pour une raison simple : s’il
arrive à la sphère politique d’être déconnectée
de la réalité, les entreprises semblaient incarner par construction
le monde réel.
- Mais voilà qu’on
commence à y entendre évoquer les gens vrais.
- C’est donc qu’il y
en a qui sont perçus comme faux.
- Effet de la crise : on a tendance
à juger improbable, artificiel, voire faux, tout ce qui est associé
aux illusions de l’économie virtuelle.
- Et avec le doute qui s’installe
sur les compétences de ses défenseurs, émerge une nouvelle
confiance en ceux qui sont dans le concret : les gens... vrais.
*******
LA LANGUE DE BOIS (3/2/09)
- Elle nous semble avoir toujours
existé, cette expression, et, pourtant, elle a moins de trente ans.
- La langue de bois nous vient en
effet des Polonais qui, dans les années de Solidarnosc, s'approprie
l’expression russe langue des arbres, en vigueur depuis les tsars, pour
qualifier le discours creux du pouvoir officiel.
- La formule française a
depuis fait un beau parcours, au point d’inspirer à son tour
le wooden language des Anglo-Saxons.
- La forme et la fonction de la
langue de bois dans la sphère politique sont d’évidence
: il s’agit en quelque sorte de parler pour ne rien dire.
- Son succès ne surprend
guère : obligée de s’exprimer souvent mais avec prudence,
la classe politique a appris à délivrer une eau tiède,
dont chacun mesure la vacuité, mais qui occupe l’espace et le
temps de la vie citoyenne.
- Avec leurs contraintes économiques,
les entreprises ne devraient pas pouvoir s’offrir le luxe de la langue
de bois.
- Et pourtant, celle-ci y prospère.
- C’est que, tels les hommes
politiques, les entreprises sont devenues des machines à communiquer
: les obligations de communication y sont devenues si nombreuses que le risque
apparaît de parler pour ne rien dire.
- Passez au hasard en revue les
sites web de quelques sociétés, y compris les plus grandes :
vous observerez que bon nombre des formulations pourraient se transposer sans
inconvénient d’un site à l’autre.
*******
BACK OFFICE (2/2/09)
- Il fut un temps où
les commerciaux avaient des patrons et des assistantes.
- La vie était simple.
- Quand on hésitait
sur un prix, on disait qu’on allait en référer à
sa direction.
- Et pour les questions
administratives, on orientait vers les assistantes.
- S’il y a encore
des patrons, les assistantes se font plus rares.
- Blackberry en poche et
PC dans sa sacoche, le commercial d’aujourd’hui doit tout faire.
- Comment éviter
alors d’affronter en première ligne les difficultés logistiques
qu’on transmettait autrefois à l’assistante ?
- Il suffit d’invoquer
le back office.
- « Je vais voir
avec mon back office » fonctionne comme une formule magique.
- Elle donne un air de
process à une organisation qui souvent en manque.
- Peu importe ensuite que
le commercial soit généralement son propre back office : il
aura gagné du temps.
jan
09 | fév 09|
mars 09|
avr 09 | mai 09 |
juin 09 | sept 09 |
oct 09 | nov 09 |
déc 09| jan 10 |
fév 10 |
mars 10 | avril 10 |
mai 10